Historique

 

Avant-propos

 

La Société des Etudiants Suisses (SES) trouve son origine dans les conflits qui opposaient les radicaux (partisans d’un renforcement du pouvoir central de la confédération et d’une politique “anti-cléricale”) aux conservateurs (partisans de a souveraineté cantonale et adeptes d’une interaction entre l’Eglise et l’Etat) dans le courant du XIXème siècle. Cet antagonisme a atteint son paroxysme lors de la guerre dite du “Sonderbund”, qui vit la défaite des cantons conservateurs.

 

Deux dates :

 

1841 : fondation de la SES

1859 : fondation de l’Agaunia

 

De ses origines, la SES et ses différentes sections, dont l’Agaunia, ont gardé des contacts privilégiés avec le Parti Démocrate Suisse et la hiérarchie catholique. Ainsi, s’il n’est pas nécessaire d’être membre du PDC et catholique pratiquant (depuis 1977, la SES est ouverte à tous les étudiant chrétiens) pour faire partie de l’Agaunia, le postulant qui souhaite y adhérer doit partager la foi et les idéaux chrétiens.

 

Entrée dans l'existence

 

L'Agaunia, Section de la Société des Etudiants Suisses au Collège de l‘Abbaye de St-Maurice a été fondée le 2 novembre 1859. Son acte d'origine est protocolé ainsi: “2 novembre 1859. Etablissement de la Section Agaunoise des Etudiants Suisses. En font partie: MM. Adolphe RICHE, Nicolas TARAMARCAZ, Henri BIOLEY, étudiants en philosophie, Georges BIOLEY, étudiant en IIème rhétorique. Ont été faites les nominations suivantes: président de la Section M. A. RICHE; secrétaire de la Section: M. H. BIOLEY; caissier: M. TARAMARCAZ. Le président, le secrétaire et le caissier constituent le comité de la Section. La réunion de la Section aura lieu tous les jeudis.”

 

Henri BIOLEY et Adolphe RICHE furent sans contredit les artisans de la Section Agaunoise des Etudiants Suisses par l'enthousiasme qu'ils surent communiquer à leurs camarades pour le noble idéal de la Société.

 

Ayant obtenu droit à l'existence, les fondateurs poursuivirent avec zèle l‘œuvre commencée. Ils étaient fermement convaincus de la nécessité de grouper la jeunesse estudiantine catholique afin de la préparer pour les luttes politiques, qui étaient à l‘époque très vives dans notre pays.

 

Cette intention apparaît clairement dans l'article premier des statuts approuvés le 1er décembre 1859: “Le but de la Section Agaunoise des Etudiants Suisses est le même que celui de la Société des Etudiants Suisses, c'est-à-dire:

 

Vertu: de conserver et d'augmenter parmi les étudiants catholiques l‘attachement à la foi de leurs pères et l'amour de la vertu;

Science: de stimuler en eux le goût de l'étude, et, par des essais littéraires et scientifiques, les rendre plus aptes à remplir les devoirs de leur future vocation;

Amitié: de cultiver l'amitié et disposer ainsi leurs cœurs aux généreux sacrifices qu'exige l‘amour de la patrie et à l'union qui en fait la force.”

Depuis sa fondation, la Section Agaunoise connut toutes les vicissitudes: de longues années de prospérité et de franche camaraderie, mais aussi quelques périodes de difficultés et de luttes intestines. Pourtant elle a continué sa mission.

 

L'Agaunia en 1883

 

L'organisation de la Section

 

Le zèle déployé par les fondateurs pour faire connaître l‘idéal de la Société attira bientôt la confiance de quelques camarades. Le tableau des effectifs, relevé différentes époques, montre qu'après un lent départ, la Section enregistra un nombre croissant d'adhérents: 8 membres en 1860, 5 en 1861, 13 en 1862, 17 en 1864, 16 en 1874, 18 en 1880, 18 en 1890, 28 en 1895, 39 en 1900, 35 en 1909, 40 en 1916, 46 en 1919, 42 en 1959, 40 en 1964, 25 en 1969, 28 en 1985. En 2005, la Société ne comptait plus qu'une quinzaine d'actifs.

 

Pendant les (bientôt) 150 années écoulées, les Statuts de la Section seront plusieurs fois modifiés pour être adaptés aux besoins des temps. C'est à partir de 1888 que le nom d'AGAUNIA remplaça l'expression de “Section Agaunoise des Etudiants Suisses”.

 

Le développement de la Section entraîna l'extension de l'organisme dirigeant. Dès ses débuts, la Société agrémentait ses sorties par des chants. Un responsable du répertoire musical fut désigné en 1860. Plus tard, ce responsable prendra le nom de Kapelmeister, puis celui de Cantor. Pour la première fois en 1899, l'Agaunia nommait un Fuchs-Major, chargé spécialement de la formation des candidats. Le poste de bibliothécaire, commué dans la suite à celui d'archiviste, apparaît en 1916. La charge de caissier fut attribuée pendant certaines périodes cumulativement soit au secrétaire, soit au vice-président.

 

La durée de fonction du comité subit de nombreuses variations. Actuellement, le comité est élu lors des Assemblées Générales en fin de semestre (décembre et juin).

 

Dès l'origine jusqu'à nos jours, la protection et les conseils des Vereins-papas assurèrent sans cesse la bonne marche et la vitalité de la Section.

 

L'Agaunia en 1909-1910

 

Les pierres blanches

 

Il est impossible de mentionner toutes les manifestations qui ont jalonné la marche de l'Agaunia. Une place particulière doit cependant être accordée à quelques événements importants qui ont marqué la vie de la Section.

 

A l'occasion de la réunion des Sections Romandes tenue le 2 août 1866 à Châtel-St-Denis, la Section Agaunoise inaugurait son premier drapeau acquis pour le prix de 140 francs. Cet emblème est aujourd'hui introuvable.

 

En 1874, la Section Agaunoise organisait la Fête Centrale de la Société des Etudiants Suisses à St-Maurice: “L'accueil fut cordial et l'hospitalité au-dessus de tout éloge...” note un chroniqueur de l‘époque.

 

Trois ans après, le 4 juin 1877, un nouveau drapeau est inauguré. Le 15 mai 1884, la Section célébrait ses noces d'argent au cours desquelles elle fêta avec force de compliments son membre fondateur Henri BIOLEY.

 

En 1894, l'Agaunia fit l'acquisition d'un nouveau drapeau “magnifique étendard qui a coûté 500 francs, somme récoltée par la vente de 1500 billets de loterie”.

 

Les noces d'or de la Section furent commémorées le 14 avril 1910: “Douces émotions d'anniversaires ! Les revivrons-nous ?“ conclut un participant.

 

Comme elle le fit précédemment, l'Agaunia organisa en 1923 une nouvelle loterie pour l'acquisition d'un drapeau. Celui-ci fut inauguré à l'occasion de la Vallensis tenue à St-Maurice.

 

Le cinquième et actuel drapeau reçut la bénédiction le 23 avril 1950. Le nouvel emblème fut confectionné sur les dessins d'Albert CHAVAZ. Pour la circonstance, la Vallensis tenait à nouveau ses assises dans la Cité agaunoise.

 

Les émotions que procura la fête du centenaire célébrée les 9 et 10 mai 1959 ne cédèrent en rien à celles des noces d'or: ces journées fastes dépassèrent même le cadre limité de la Section jubilaire pour atteindre les dimensions d'une grande rencontre de toutes les Sections des Etudiants Suisses de Romandie.

 

Enfin, le 21 avril 1985, ce fut le temps de fêter les 125 ans de la société. Ce fut aussi le temps d'une renaissance. Que de peines et de dévouements n'avait-t-il pas fallu pour relever et maintenir haut et fier l'idéal de la Société des Etudiants Suisses au-dessus des embûches rencontrées, à travers ombres et lumières...

 

Aujourd'hui, l'Agaunia fêtera ses 150 ans d'existence en 2009 en parallèle avec l'organisation de la Fête Centrale à St-Maurice.

 

L'Agaunia en 1959

 

Les théatrales

 

Durant de nombreuses années, l‘Agaunia a organisé avec succès les théâtrales du Collège. Le premier protocole qui fait mention du théâtre est daté du 20 décembre 1885. La Section projetait de donner une première vers Pâques. Dans les séances suivantes, il ne fut plus question de représentation. A partir de 1897, l‘Agaunia joue une pièce à Carnaval. Après que le spectacle pour la clôture de l'année scolaire eut été supprimé en 1928, l'Agaunia continua seule sa tradition et devint peu à peu l'organisatrice de la théâtrale du Collège.

 

Mais il n'en sera pas toujours ainsi: la construction du nouveau Collège empêcha l'Agaunia d'organiser sa traditionnelle représentation. Depuis lors, son activité théâtrale connut un certain ralentissement et finit par disparaître.

 

L'Agaunia en 1984-1985

 

Vivat ! Crescat ! Floreat ! Agaunia !

 

Les lignes qui précèdent ne sont qu'un pâle reflet de la vie agaunienne. En effet, dans le présent historique, il n'est pas mentionné les manifestations religieuses, intellectuelles et politiques qui ont lieu régulièrement et auxquelles participe l‘Agaunia.

 

A travers ces différentes activités, aujourd'hui encore, les Agauniens expriment leur volonté de travailler utilement. Par l‘attention aux problèmes de notre temps, par une formation civique selon l'esprit chrétien, ils continuent de réaliser toujours mieux la noble devise inscrite sur leur drapeau: VERTU, SCIENCE, AMITIE.

 

N.B. : Les renseignements concernant l'histoire du premier siècle de l'Agaunia ont été puisés dans l'article du carnet de fête, “L'Agaunia centenaire 1859-1959”, tiré à part sous le titre “Souvenir d'un siècle” par M. le chanoine Henri MICHELET.

 

L'Agaunia aujourd'hui (2004)

 

Avant-propos rédigé par Poivron Alt-Rhodaniax et revu pour l’Agaunia par Otis Rhodaniax.

 

Historique d'André ALTERMATT v/o Tambour pour le carnet de fête du 125ème de l'Agaunia (1985), revu en 2005 par Raoul PANCHARD v/o Fanfaron.

 

Photos d'archives tirées des carnets de fête du 100ème et du 125ème.